Le Moulin de Perthuizet

Le Moulin Pertuizet ou « Moulin du Prince »
Situé sur la rivière « Le Solnan », ce moulin dépend de la commune de Villemotier, à l’extrême limite Sud-Ouest et au pied du village de Pirajoux. Il est connu de la région comme l’ancien « Moulin du Prince » (de Coligny).
Il est situé entre le Moulin du Fay, moulin ayant perdu sa machinerie et partiellement rénové en 2000, et le Moulin de Romanèche, moulin encore en activité et produisant quotidiennement des farines pour l’alimentation animale.
Il est constitué d’un long bâtiment à cheval sur la rivière et d’une grange, au milieu de trois hectares de prairies bordées par un ruisseau à truites.
L’accès se fait le long de la route départementale Coligny-Pirajoux, par un joli chemin carrossable de 150 mètres, partiellement inondable, bordé le long de la rivière par des saules et des aulnes.
Architecture typique de la Bresse, rez-de-chaussée sous grenier avec soubassement en pierre de taille, murs en brique ou pisé et pans de bois. Toit à quatre pans et tuiles canal (environ 800 m² pour le bâtiment principal + 200 m² pour la grange).
Le moulin Pertuizet a été classé Monument Historique au début de l’année 2005.

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Historique

Création du moulin en l’an IV de la République (juillet 1796) par Denis Pertuizet. Une datation selon la méthode de dendochronologie a été réalisée en avril 2001 par un laboratoire (« Archéolab ») et à la demande du Conseil Général de l’Ain. La construction la plus ancienne a été datée de l’automne 1796, hiver 1797.
Plusieurs générations de Pertuizet se succèdent et se lient par mariage à une famille Convert. Au XXième siècle, le nom Pertuizet disparaît au profit du nom Convert puisqu’en 1922 un devis est établi au nom de Jean-Marie Convert, pour équiper le moulin d’une turbine en remplacement de la roue à aubes.
Cette turbine (Fontaine double) existe toujours, semble en état quoique envasée, et attend encore sa remise en marche. Le dernier meunier, Lucien Convert né en 1908, arrête l’activité du moulin vers 1972 et meurt en 1984.

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Les travaux de rénovation :

Les travaux de restauration ont été découpés en trois tranches dont les deux premières sont achevées aujourd’hui.

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  • Phase 1 : 1997 / 1998 : réhabilitation de la partie habitable et travaux urgents dont 50% de la toiture; entrée dans les lieux en juillet 1998, en bonne cohabitation avec les chauves-souris, les souris, les araignées, les courlis cendrés et les nombreux chevreuils.
    Et première inondation avec 25 centimètres d’eau dans l’habitation à la suite des pluies du 24 octobre 1999, crue trentenaire vraisemblablement de l’ampleur de celles de 1935 ou 1956. Les précautions prises lors de la conception des aménagements intérieurs ont cependant permis de limiter les conséquences.
  • Phase 2 : 2001 / 2003 : Suite et fin des parties habitation et dépendances, mises en sécurité, pose d’un vannage automatique par le syndicat intercommunal pour remplacer les anciennes vannes manuelles en bois, impossibles à manipuler sans assistance et astuces diverses, nettoyage de la rivière et réfection du cours d’eau de décharge, trop plein (limité !) du moulin en cas de montée des eaux, ainsi que re-creusement de l’ancienne belle mare à canards.
  • Phase 3 : Prévision 2006 / 2008 : Réfection de la partie technique du moulin. La partie technique est constituée de la meunerie (1er étage où se situent principalement les engrenages et une bluterie, et 2ème étage où se situent les appareils de nettoyage et les meules), de la partie sur l’eau (double turbine et moteur d’appoint), et du local de la batteuse (1er et 2ème étages). Cette partie était la plus dégradée de l’ensemble du moulin avant réfection de la toiture et consolidation partielle.

Par ailleurs, quelques travaux concernent encore le bâtiment principal (quelques enduits de façades et pose de briques de sol notamment).
Il reste naturellement beaucoup à faire, du fait de la taille du bâtiment et de sa complexité technique mais ce moulin a pu être préservé.
Il parait que l’on y faisait de bonnes fêtes régulièrement et que ses gaudes étaient les meilleures du pays.
Pourvu qu’une de ses meules puissent fonctionner à nouveau un jour !